Mardi 8 Janvier 2008
L'ombre de Beverly Hills 90210
Prononce "nine-ow-two-one-ow" sinon tu passeras pour un blaireau et tes dents tomberont. Aujourd'hui, le loup étant d'une humeur particulièrement saignante, comme c'est souvent le cas chez les loups, il va te parler d'une cause qui lui tient particulièrement à coeur: celle des enfants. Aucun rapport avec cette connasse de Petit Chaperon Rouge. "Par contre, quel rapport avec Beverly Hills nine-ow-two-one-ow?" demandera-t-on au loup, la bave aux lèvres et la narine frémissante d'anticipation (vous, pas le loup). Eh bien tout: déjà à l'époque, la choucroute de Shannen Doherty et le rouge à lèvres sanglant de Jenny Garth (comment peut-on être aussi blafarde à Beverly Hills?) faisaient des ravages. A elles deux, elles ont réussi à faire croire à des tas de jeunes filles en mal de modèle que la frange n'était pas d'un ringard absolu, alors que même ce grand cheval de Tori Spelling avait vu la lumière à ce sujet. Tous les ados voulaient avoir les mêmes gros problèmes que leurs idoles du dimanche fin d'après-midi qui les distrayaient du lundi matin approchant où il leur faudrait revenir à la dure réalité de la Franche-Comté, de la Creuse, que dis-je de la Creuse? Du Loir et Cher aussi sans doute. Raaaaaaaa, être Dylan MacKay, trentenaire de seize ans, alcoolique et pété de thunes qui s'envoie Kelly mais seulement les semaines paires, parce que les semaines impaires, elle est dans le lit de Brandon. Raaaaaaaaaaaa être Brandon, justement, travailler au Peach Pit, avoir les pattes longues pour faire viril et faire ressortir l'inénarrable coupe de cheveux, pompée sur celle de Dylan, elle même une pâle copie de celle de James Dean. (Luke Perry et Jason Priestley, inventeurs du téléphone arabe capillaire.) Être Kelly et avoir des parents qui s'occupent pas de toi et te laissent sortir quand tu veux, avec qui tu veux et habillée comme tu veux en allongeant une liasse de billets quand tu es sur le point de leur faire des reproches. Être Brenda et oser le jean qui te remonte jusque sous les seins (oui mais alors là attention, Alyssa Milano a contribué à lancer la mode dans Madame est Servie)... Oui, ils ont eu de quoi faire fantasmer, tous ces "faux jeunes" adeptes du clinquant, du sandwich bolognaise (quoi que ça veuille dire) qui ne fait même pas grossir malgré le nombre de bières ou de verres de coca (ou de whisky selon le personnage) descendus avec, et des soirées glamour. De quoi, 10, 15 ou 20 ans plus tard, faire déferler sur l'état civil français un raz-de-marée de petits Brian, Dylan, Brandon, Steve, Kelly, Jennifer, Alison etc. Ils trottinent innocemment, même pas encore "aware" qu'ils ont été baptisés en l'honneur d'un tas de crétins déchus, tellement has been qu'ils sont même "had been":

...et que leur prénom exotique, évoquant strass et néons tout en fleurant bon l'emballage Macdo, est presque systématiquement mal assorti à leur patronyme franchouillard. Pour la satisfaction parentale de crier "Brian, tu veux des ravioli?", "Angel-Scott, t'as encore des slips pour demain?" "Jesse-Lee, passe-moi un yaourt", imagine la souffrance de Brian Michon, Angel-Scott Giraud , Jesse-Lee Fougnard, qui auront bien là de quoi vivre une adolescence difficile et en faire baver des ronds de chapeau à leurs parents. Une des lointaines collègues du loup a même connu un petit garçon prénommé Clitis par un couple d'agriculteurs, parce qu'ils admiraient beaucoup le cow-boy, là, vous savez, Clitis Wood. Le loup pouffe et conclut: pour dans quelques années, pense à appeler ton fils Bart, Homer, Chandler, tes jumeaux Lincoln et Michael, ta fille Marge, Monica, Rachel, Buffy, Piper. Sois o-ri-gi-nal. Tant pis si tu t'appelles Bertin, du moment que tu te fais plaise!
Par Le Loup, Mardi 8 Janvier 2008 à 14:43 GMT+2 dans Ma rubrique




