La Valse des Boulets
T'est-il jamais arrivé d'avoir dans tes relations un mec ou une nana qui soit ... lourd tout simplement ? Quelqu'un(e) qui passe son temps à te balancer des vannes que toi t'as arrêté d'utiliser quand tu étais au CE1 en se croyant très spirituel(le), sort toujours les mêmes phrases éculées que tu serais capable de réciter en même temps qu'elle (ou lui) tellement tu sais qu'elles vont arriver, vu que ces gens-là sont sans surprise, sans subtilité, sans intelligence et si tu étais pas là, sans amis aussi sans doute. Bref des boulets. Pourquoi les fréquenter, alors ? Si on n'a que du mal à en dire, on ferait mieux de couper les ponts, c'est évident. Mais non, ça n'est pas toujours aussi simple que cela. Dans les cas auxquels pense le Loup, les boulets en question sont attachés à la cheville de personnes que le Loup affectionne et à qui il n'entend pas renoncer. Ces personnes-là viennent en lot, on ne peut hélas pas les voir séparément de leur conjoint. Ce qui, naturellement, fait que le moindre repas que tu organises prend rapidement des allures de dîner de cons. Exemple : tu passes une heure à expliquer charitablement et patiemment à un de ces boulets que l'habit d'un karatéka s'appelle un karategi parce que « gi » en japonais signifie « vêtement », pour qu'on te réponde « et toi alors tu fais du karategi ? ». Tu essayes de rester sérieux lorsque ton ami regarde les poissons de ton aquarium en te demandant élégamment si le fil qui pend à l'arrière de ton poisson ce sont des déjections, et que sa blonde chérie, croyant le rembarrer, l'interrompt en levant les yeux au ciel : « mais non doudou, c'est du caca ! »
Ca devient cependant nettement mois drôle quand c'est un boulet mâle (enfin on croit) qui adore te provoquer avec des piques au ras des pâquerettes jusqu'à ce que tu répondes en mode moyen sympa, parce que toi tu as les moyens intellectuels de le pulvériser en 3 mots et plus assez de patience pour te retenir. Eh oui. Certains de ces boulets ont la faculté de laisser les nerfs du Loup dans un état qui rappelle une corde dangereusement effilochée, et le Loup étant un as de la vanne qui claque (devrait p'têtre se lancer dans l'organisation de soirées Yelloup, tiens...), la victime n'a plus qu'à se taire et manger. En théorie. Car l'abruti (à ne pas confondre avec Carla Bruni, pardon faites pas gaffe, c'est mon Tourette), qui ne rentre dans aucune case coïncidant avec les plus noires étiquettes de la connerie universelle, toutes catégories confondues et même en bourrant bien, ne sait pas s'arrêter. Et quand il vient de se une bonne grosse minute de solitude infligée par le Loup, comme il ne sait plus quoi répondre, le côté primaire déjà difficilement maîtrisé reprend le dessus : il se jette sur toi bras tendus et te fait mal avec ses grosses paluches dégueulasses qui puent la clope ou trouve tordant de t'abattre à toute volée un œuf dur sur la tête, moins deux mois après ton traumatisme crânien. Et ça c'est quand il ne t'annonce pas avec le vice dans l'œil qu'il tarterait bien tes gosses.
Tout aussi corrosive pour la santé mentale du Loup, et célibataire cette fois-ci, il y a la collègue chiantissime qui te téléphone invariablement pour te dire« allô le Loup ? J'ai un petit service à te demander. » En vrac « Je reçois 22 personnes ce soir et j'ai pas de four pour faire cuire mes gâteaux, je peux venir le faire chez toi ? » Et toi, bonne pomme t'attends une heure, deux heures, alors qu'elle était censée venir immédiatement. Alors tu l'appelles, un peu perplexe, et c'est d'une voix complètement ensuquée qu'elle te répond « ah ben là tu me réveilles, j'étais en train de faire ma sieste... » Ou alors « J'ai promis au fils de ma voisine qu'on ferait une recherche internet ensemble chez moi, mais là chez moi c'est le bordel. Je te l'envoie. » Ou encore « Je suis admissible à ce concours méga important, et je suis partie quelques jours en vacances alors que je dois recevoir le papier à renvoyer pour confirmer ma présence à l'oral. Donc en fait il faudrait que tu passes chez moi tous les jours pour guetter le facteur, vu que c'est un recommandé, et que tu renvoies la confirmation, en recommandé aussi. »
Sans rire y'a des jours où ils te tapent tellement sur les nerfs qu'il te faut toute ta maîtrise pour garder ta bouche fermée, parce que si tu commençais à l'ouvrir, tu ferais beaucoup de dégâts. En tout cas le Loup ne se fait pas confiance pour être diplomate. N'empêche, il y aurait de quoi ne plus jamais rire en regardant le Bal des Casse-Pieds. Même devant Madame Béteil qui singe le chevreuil...
Par Le Loup, Vendredi 7 Mars 2008 à 18:30 GMT+2 dans Ma rubrique (article, RSS)




